Certains diront que c’est une idĂ©e fixe. Je dirais plutĂ´t que je ne lâche rien. D’autres seront peut-ĂŞtre amusĂ©s, voire agacĂ©s. Qu’importe. Je continuerai — sans relâche — Ă rappeler les chiffres et, derrière ces chiffres, Ă mettre des mots sur le parcours de ces femmes qui basculent dans la pauvretĂ©. MalgrĂ© les etudes et les rapports qui s’empilent, disent et redisent cette rĂ©alitĂ©, brutale ; malgrĂ© les bonnes intentions, les beaux discours (!), rien ne bouge ou si peu. En tout cas pas suffisamment vite. Pas sufÂfisamment fort. Elles travaillent plus, sont plus diplĂ´mĂ©es, certes, mais les femmes continuent Ă ĂŞtre davantage
exposĂ©es au chĂ´mage, moins bien payĂ©es Ă diplĂ´mes et compĂ©tences Ă©quivalents, plus souvent contraintes d’accepter des temps partiels. Avec pour consequence directe de basculer plus rapidement dans la pauvretĂ©. Une mère seule sur trois, avec des enfants, vit sous le seuil de pauvretĂ©, c’est-Ă -dire avec 977 € par mois. Faut-il encore rappeler que 70 % des travailleurs pauvres sont des femmes ?
Ă€ l’heure de la retraite, leurs pensions sont presque de moitiĂ© (42 % !) infĂ©rieures en moyenne Ă celles des hommes. Comment vivre dignement avec 932 € et davantage de problèmes de santĂ© ? Toute une vie de prĂ©caritĂ© !
Le fait d’ĂŞtre rĂ©voltĂ© ne suffit pas. L’imporÂtant, c’est de tout faire pour que la situation s’amĂ©liore vraiment. C’est en substance le message que nous a laissĂ© Madeleine Tribolati, une grande dame du syndicalisme chrĂ©tien qui a oeuvrĂ© pour faire avancer les droits des femmes. Je ne me lasse pas de reprendre ses paroles, qui sont au coeur de mon engagement CFTC. Nous reparlerons donc de pauvretĂ© dans le cadre de l’examen du projet de loi sur les retraites, afin que cette rĂ©alitĂ© finisse par ĂŞtre prise en compte dans le calcul des pensions des femmes. Nous reparlerons de pauvretĂ© Ă l’occasion des dĂ©bats autour du projet de loi sur l’Ă©galitĂ© hommes-femmes, afin que les femmes puissent enfin prĂ©tendre au mĂŞme salaire. Nous reparlerons de pauvretĂ©, le 23 octobre prochain, lors de la JournĂ©e de la femme que nous organisons. Nous devons tout faire pour rĂ©duire ces inĂ©galiÂtĂ©s. Croyez-moi, Ă la CFTC, on en reparlera et on n’en restera pas lĂ !
Pascale Coton, SecrĂ©taire GĂ©nĂ©rale ConfĂ©dĂ©rale «Â

